Pré-programme 2019

André Téchiné invité d'honneur du 41e CINEMED

La part de Sud d'André Téchiné

André Téchiné

Venu au cinéma par la critique, le cinéaste français André Téchiné, né à Valence d’Agen dans le Tarn-et-Garonne, auteur de plus d’une vingtaine de films, est invité d’honneur du 41e Cinemed. Ses origines occitanes sont sources d’inspiration. Sur la rive sud de la Méditerranée, il tourne Loin et Les Temps qui changent au Maroc. Parmi ses derniers films, Quand on a 17 ans a été tourné à Luchon (Haute-Garonne) et Saint-Giron (Ariège) et L’Adieu à la nuit dans les Pyrénées-Orientales.

André Téchiné reçoit le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes pour son film Rendez-vous. Après le succès critique et public de Ma saison préférée, le réalisateur connaît la consécration avec Les Roseaux sauvages nommé aux César dans plusieurs catégories. Le cinéaste est récompensé par le César du meilleur réalisateur, du meilleur scénario et du meilleur film.

Immense directeur d’acteurs, André Téchiné a offert des rôles marquants aux plus grands, Daniel Auteuil, Gérard Depardieu, Patrick Dewaere, Guillaume Canet, Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, Isabelle Huppert, Juliette Binoche, Sandrine Bonnaire ou Emmanuelle Béart. Il révèle Élodie Bouchez dans Les Roseaux sauvages et Lubna Azabal dans Loin. Hôtel des Amériques marque sa première collaboration avec Catherine Deneuve qui va devenir son égérie "C'est un des metteurs en scène que je préfère et avec qui j'aime le plus travailler. Il a son univers, il fait des films intimistes qui ont une ampleur, comme les films de Jacques Demy. Ce sont des films à la fois très lyriques et simples » déclare-t-elle aux Cahiers du Cinéma.

Le festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier vous propose de revenir sur le parcours de cet immense cinéaste lors d’une rencontre publique en présence du réalisateur Thierry Klifa, auteur du documentaire André Téchiné, cinéaste insoumis, projeté également dans le cadre du 41e Cinemed.

Anna Magnani icône éternelle

Rétrospective de l'icône du cinéma italien

Anna Magnani

Icône du cinéma italien, Anna Magnani symbolise l’âge d’or du néoréalisme et surtout, incarne une femme libre. Artiste féministe et antifasciste, la Magnani révolutionne la représentation de la femme au cinéma en créant un style unique d’une grande modernité.
Elle se définit comme « une actrice-artiste, quand le personnage coïncide tellement avec ce que j’ai en moi – parce que nous avons toutes des milliers de femmes en nous pas juste une seule – et que je le laisse sortir ».

Née de père inconnu, très vite délaissée par sa mère, toute sa vie et sa carrière, la puissance de son jeu et de son être, pourraient être interprétées comme une recherche d’amour. Sa singularité vient de l’équilibre entre son instinct presque animal et sa technique, qui vient d’un apprentissage très long au théâtre. Le néoréalisme utilisait des acteurs non professionnels et elle était comme eux, mais avec le métier en plus. Au théâtre, elle avait appris à dompter la scène, les autres acteurs et le public.

Anna Magnani a inspiré les plus grands metteurs en scène européens et américains : Roberto Rossellini, Luchino Visconti, Federico Fellini, Pier Paolo Pasolini, Jean Renoir, George Cukor, Sidney Lumet et a suscité l’admiration de Marlene Dietrich, Sophia Loren et Marlon Brando. Elle est la première actrice italienne – et la seule encore à ce jour – à avoir reçu un Oscar pour sa prestation dans La Rose tatouée adaptée de la pièce de Tennessee Williams, aux côtés de Burt Lancaster.

Roberto Rossellini qui l'a dirigée dans Rome ville ouverte et qui a partagé sa vie déclare à propos d'elle " Elle n'est pas qu'une femme : plutôt un bataillon ". Anna Magnani dit qu’ils parlaient le même langage, celui de la curiosité envers la réalité et envers les gens.

Cinemed vous propose de (re)découvrir une actrice en avance sur son époque, profondément liée à la ville de Rome (Mamma Roma, Fellini Roma), à travers les héroïnes qu’elle a habitées avec tant de passion et d’intensité. Un film documentaire La Passion d’Anna Magnani de Enrico Cerasuolo où témoigne notamment son fils, Luca, sera également programmé durant le Festival.

Une exposition de photographies autour de Mamma Roma en partenariat avec I dilettanti sera présentée dans le hall du Corum durant le festival.

Paolo Virzi, le nouveau maestro de la comédie italienne

Le cinéaste sera présent le premier week-end du festival

Paolo Virzi

Paolo Virzi est considéré à la fois comme le principal héritier et l’innovateur de la comédie italienne. De son premier métier de scénariste, il a gardé la plume aiguisée pour inventer des personnages hauts en couleurs qu’il entraîne dans des aventures rocambolesques. Il faut dire qu’il a été à bonne école avec Furio Scarpelli (Le Pigeon, Les Monstres, Nous nous sommes tant aimés) qu’il a eu pour professeur.
Dans son dernier film, Nuits magiques, le réalisateur retrace les derniers éclats des années glorieuses du cinéma italien où trois jeunes aspirants scénaristes sont accusés d’avoir tué un producteur.

De La Belle Vie en passant par Folles de joie jusqu’à Nuits magiques, nous vous invitons à redécouvrir un cinéma chaleureux, solaire, incroyablement vivant qui sait aussi bien susciter les rires que les larmes.
« J’aime imprégner mes films de réalisme et de visages authentiques qui dégagent un sentiment de vérité. Mais surtout je cherche toujours à lier la trajectoire personnelle de mes personnages à l’état d’esprit de la société dans laquelle ils évoluent » déclare le cinéaste.

Originaire de Livourne, où il est né en 1964, Paolo Virzi a souvent pris pour décor sa ville natale notamment dans Ovosodo – nom d’un quartier de la ville –, sans doute son film le plus personnel, Baisers et embrassades, La prima cosa bella. En 2016, le réalisateur à l’italianité assumée s’envole pourtant vers les États-Unis pour tourner L’Échappée belle. Nul rêve américain à assouvir mais le réalisateur s’est retrouvé pris à son propre jeu. Il n’acceptait de tourner là-bas qu’à la condition qu’Helen Mirren et Donald Sutherland jouent les rôles et ils ont dit oui !

Paolo Virzi a aussi abordé le film historique mâtiné de comédie italienne avec Napoléon (et moi) avec Daniel Auteuil et Monica Bellucci. Dans Tutta la vita davanti, le cinéaste s’attaque au monde du travail régi par les lois néo-libérales en racontant la vie d’employés d’une plate-forme téléphonique. Dans Les Opportunistes, il dirige pour la première fois Valeria Bruni-Tedeschi qu’il retrouvera pour Folles de joie. L’autre folle de joie étant sa muse et compagne à la ville Micaela Ramazzotti.

Cinemed a présenté le travail du cinéaste italien dès son premier film La Belle Vie. Il était donc tout naturel de lui consacrer à présent une belle et grande rétrospective en sa compagnie. Avanti maestro !

Mohamed Hefzy, l'homme qui révolutionne le cinéma égyptien

Mohamed Hefzy

 

Mohamed Hefzy a écrit, produit ou coproduit près de 30 films en Égypte, aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans le monde arabe. C’est le producteur égyptien qui a eu le plus de films sélectionnés à Cannes, Sundance, Venise, Berlin et Toronto et qui ont remporté plus de 80 prix. En 2016, la réputée revue américaine Variety l’a classé en tête de liste des 10 personnalités à connaître du monde du cinéma arabe. Cinemed s’apprête à recevoir l’une des personnalités les plus importantes de ce cinéma.
D’abord scénariste à succès, Mohamed Hefzy crée en 2006 la société de production Film Clinic. Il défend un cinéma égyptien indépendant, n’hésitant pas à prendre de véritables risques en accompagnant de nouveaux auteurs qui donnent à voir à travers les sujets abordés un autre visage de l’Égypte.

Ainsi, Microphone d’Ahmad Abdalla est une véritable plongée dans le monde artistique underground d’Alexandrie. Il a produit Clash de Mohamed Diab (Les Femmes du bus 678, compétition Cinemed 2011)  qui osait aborder une page récente de l’histoire égyptienne à savoir les violents affrontements ayant suivi la destitution du président Morsi par l’armée. Le film a été présenté en ouverture d’Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2016 tout en s’étant attiré les foudres de la censure d’État en Égypte. Encourageant les jeunes réalisateurs, Mohamed Hefzy a également produit Ali, la chèvre & Ibrahim, premier long métrage du jeune réalisateur Sherif El Bendary ou encore Sheikh Jackson de Amr Salama, également auteur du remarqué Tahrir 2011.
Yomeddine, premier long métrage d’Abu Bakr Shawky qui aborde la place des lépreux dans la société égyptienne, a été sélectionné en compétition au festival de Cannes en 2018.
Mohamed Hefzy est par ailleurs Président du festival du Caire depuis 2018, un des festivals les plus importants et les plus anciens du monde arabe, qu’il dynamise en créant les Cairo Industry Days, permettant ainsi à de jeunes auteurs égyptiens de confronter leurs projets à un parterre international.

Le laboratoire cinématographique d'Isaki Lacuesta

Isaki Lacuesta

 Auteur d’une trentaine de courts, de onze longs métrages et de plus de dix installations,   Isaki Lacuesta s’est formé à l’Université Pompeu Fabra à Barcelone où il enseigne à présent. Étudiant de José Luis Guerín, Joaquim Jordà et Jean-Louis Comolli, cette formation a contribué à faire naître une nouvelle génération de cinéastes qui est source de renouveau pour le cinéma espagnol dans les années 2000.


Isaki Lacuesta est un réalisateur atypique, prolifique, voyageur, jouant des codes classiques du cinéma. Bien malin celui qui pourrait l’enfermer dans une case pour définir son cinéma tant le réalisateur brouille les pistes à chaque film qu’il soit court ou long, fiction ou documentaire, variant à chaque fois les styles et les types de narrations. Isaki Lacuesta est en recherche permanente et trace son sillon hors des sentiers balisés. Il aime proposer de nouvelles formes inspirées de l’essai, la correspondance ou l’art-vidéo.

Même son prénom est une création ! Iñaki, né à Gérone en 1975 a fusionné avec le prénom de sa compagne et collaboratrice, Isa Campo, pour devenir Isaki Lacuesta. Celle-ci a coécrit avec lui certains films, ils ont coréalisé ensemble La propera pell, un film qui a d’ailleurs pour sujet l’identité avec Sergí Lopez.

Son premier long métrage Cravan vs Cravan (2002) est inspiré par Arthur Cravan, poète et boxeur, neveu d’Oscar Wilde, à l’origine du mouvement dada.
En 2009, il passe à la fiction avec Los condenados, un thriller se déroulant en Argentine. Il revient au documentaire en 2010 avec La noche que no acaba, une enquête sur le mythe Ava Gardner qui avait tourné en Espagne Pandora et Harem.
Parmi ses films, La Leyenda del tiempo (2006) et Entre dos aguas (2018), le portrait à douze ans d’intervalle de deux frères gitans en Andalousie. Lauréat de la Concha de Oro au festival de San Sebastian pour Los pasos dobles en 2011, il obtient à nouveau ce prix en 2018 pour Entre dos aguas.

Encore méconnue en France, l’œuvre protéiforme et passionnante d’Isaki Lacuesta mérite d’être découverte ! L’occasion vous est offerte lors du 41e Cinemed en sa présence.

Le CINEMED c'est

Toute l’actualité de la Méditerranée : plus de 100 films inédits
Les avant-premières, les compétitions et les panoramas
 
Avant-premières et copies neuves ou restaurées qui rendent compte de l’actualité cinématographique méditerranéenne en prévision des sorties en salles
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